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Météorologue - Entrevue

René Héroux, météorologue


René Héroux est météorologue au Service météorologique d'Environnement Canada. Son métier, qu'il pratique depuis 21 ans, le passionne toujours autant. Il a travaillé à Halifax en Nouvelle-Écosse, à Torbay, Terre-Neuve, et maintenant à Montréal.

Quelles sont les qualités d'un bon météorologue ?

Il faut surtout avoir un bon esprit de synthèse. Les prévisions météorologiques reposent sur la mise en commun de très nombreuses données. Mieux vaut aimer le travail d'équipe car le Canada, c'est grand, et un seul météorologue n'arriverait pas à le couvrir en entier.

Il faut ensuite être très à l'aise avec l'informatique, car tout mon travail repose sur des modèles numériques: on entre toutes les variables climatiques dans les ordinateurs et ceux-ci les traitent selon des programme complexes avant de livrer le scénario le plus probable. Nos superordinateurs sont les plus puissants du pays!

Pourquoi votre métier est-il important ?

Notre travail ne se résume pas aux bulletins météo que vous entendez à la radio ou que vous lisez dans le journal. Nous avons des bulletins spécialisés pour les aéroports. Si les risques de givre sur les ailes des avions sont trop élevés, ou que de fortes turbulences sont prévues dans un couloir aérien, les responsables vont annuler des vols et éviter ainsi de risquer la vie d'êtres humains.

Même chose pour les travailleurs de la mer: nous avons des bulletins maritimes à l'attention des pêcheurs qui comptent sur nos prévisions pour annuler une sortie en cas de danger. Les agriculteurs planifient leurs semences et leurs arrosages grâce à nos prédictions, et les travailleurs forestiers estiment les risques de feux de forêt grâce à nous.

Pourquoi êtes-vous devenu météorologue ?

Quand j'étais petit, je souffrais du rhume des foins. J'ai rapidement remarqué que les saisons et le climat influençaient mon état. L'envie de comprendre la météo et de la prédire est peut-être née de là.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus et le moins dans votre métier ?

Je suis passionné par la possibilité qu'il m'offre de comprendre ce qui se passe quand il nous tombe quelque chose sur la tête. Suivre l'évolution du climat à la lumière de mon bagage de connaissances, c'est vraiment fascinant.

Ce que j'aime le moins, ce sont les quarts de travail: matin, jour, nuit, à Noël... Il y a aussi la frustration due aux prévisions manquées...

Une histoire cocasse ?

Il m'est arrivé d'enquêter sur des tornades. Je devais me rendre sur place et entendre les histoires de ceux qui avaient été témoins de l'événement. À un endroit, le toit d'une grange avait été emporté.

Plusieurs dizaines de mètres plus loin, on a trouvé de gros madriers plantés dans les champs tellement solidement que je n'arrivais pas à les bouger !

Un homme m'a aussi raconté que pendant la tornade, il a vu son caniche flotter au dessus du sol au bout de sa laisse tendue à l'horizontale !


 

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