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Astronaute - Entrevue

Julie Payette, astronaute

Julie Payette est devenue astronaute en 1992. Parmi plus de 5 300 candidats, l'Agence Spatiale Canadienne l'a choisie, ainsi que trois autres Canadiens. Elle a suivi un entraînement intensif à l'Agence Spatiale Canadienne, puis à la NASA pour finalement réaliser le rêve de sa vie en 1999. À bord de la navette Discovery, elle a pris part à la mission STS-96 qui s'est envolée vers la Station Spatiale Internationale pour un séjour de 10 jours à plus de 350 kilomètres au-dessus de nos têtes.

Qu'est-ce qui vous a attirée vers le métier d'astronaute ?

Dans les années 1970, alors que je n'avais qu'une dizaine d'années, les missions américaines Apollo se rendaient jusqu'à la Lune. J'ai suivi tout ça à la télé avec beaucoup d'intérêt. Ça me faisait tellement rêver… J'ai alors décidé que je serais astronaute, un jour. J'ai étudié en sciences, et lorsque l'Agence Spatiale Canadienne a annoncé qu'elle recrutait des astronautes, j'ai postulé. Vous connaissez la suite...

Que diriez-vous aux jeunes qui aspirent à devenir astronautes ?

C'est vrai que ce métier est difficilement accessible et que très peu de gens sont choisis. Mais les chances d'y arriver sont quand même plus élevées si on tente le coup que si on n'essaie pas. Ça vaut pour tous les métiers du monde.

Que préférez-vous de ce métier ?

Ce serait trop long à énumérer ! Résumons en disant que je fais le métier que j'ai toujours voulu faire. Et c'est ce que je souhaite à tous les jeunes.

Et qu'aimez-vous le moins ?

Les temps libres sont rares. Il faut se lever parfois très tôt, travailler parfois très tard, faire de très longues journées... Durant mes premières années d'entraînement, mon emploi du temps était tellement serré qu'il devait être géré par quelqu'un d'autre. C'est cette personne qui me disait où aller et quoi faire après chaque activité. Encore aujourd'hui, j'ai un horaire très chargé et chaque heure est occupée. Cette entrevue, par exemple, je la fais par téléphone au volant de ma voiture, entre deux rendez-vous...

Avez-vous un événement cocasse à nous raconter?

Même si nous recevons une formation très poussée et que nous sommes prêts à parer à toute éventualité, certaines petites choses ne s'apprennent qu'une fois rendu dans l'espace. Par exemple, se déplacer en apesanteur demande de la pratique. Lors de ma mission, mes collègues plus expérimentés se déplaçaient très gracieusement en se poussant tout doucement contre les parois. Nous les nouveaux, on poussait toujours trop faiblement ou trop fort, alors on se rendait très lentement où on voulait, ou bien on partait trop vite et on frappait le mur d'en face ! C'est un mode de locomotion complètement inconnu qu'il faut découvrir. Il faut même apprendre à dormir, en apesanteur.


 

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