Science infuse

Blanc sur noir

Si on pouvait rencontrer un ours polaire assez docile pour se laisser raser, on aurait toute une surprise : sous son pelage blanc se cache une peau toute noire ! Bizarre, n’est-ce pas ? Mais quand on y pense, c’est tout à fait logique : l’ours polaire a besoin des avantages du blanc ET du noir, s’il veut survivre dans un environnement aussi hostile.

Sur la banquise où il vit, les températures de -40 °C sont fréquentes. Ce gros patapouf a un atout de taille pour se protéger du froid : une épaisse couche de graisse. C’est d’ailleurs le plus gros carnivore terrestre. Mais tout ce gras ne lui suffit pas : il doit retenir le peu de chaleur qui lui parvient du soleil.

Pour ça, il n’y a rien de mieux que le noir. Essaie, pour voir : par une belle journée ensoleillée, laisse un carton noir et un carton blanc à l’extérieur. Tu verras que le carton noir devient beaucoup plus chaud. Avec une peau noire, l’ours polaire retient donc un maximum de chaleur.

Alors, pourquoi n’a-t-il pas aussi les poils noirs ? Tu t’en doutes sûrement un peu... Imagine un ours noir dans cet environnement tout blanc : pas très discret, hein ? Ses proies lui échapperaient très facilement et il risquerait de mourir de faim. Tandis qu’avec une fourrure blanche, l’ours polaire se confond à merveille dans le paysage. Les phoques ont alors moins de chances d’échapper à ses puissantes griffes.

Marie-Pier Elie
mpelie@cybersciences.com


2000/10/06