Échos des labos

Chef d'un laboratoire miniature

Les cellules souches n’auront bientôt plus de secret pour Véronique

Véronique Lecault dirige les opérations d’un laboratoire pas comme les autres : il est si petit qu’il pourrait tenir sur une boîte d’allumettes! «C’est comme un système de plomberie miniature, avec des mini-valves et des mini-pompes», explique Véronique, qui fait son doctorat à l’Université de Colombie-Britannique, en génie chimique et biologique.

La jeune chercheuse se sert de cet équipement pour étudier les cellules souches du sang. «Ces super cellules ont la possibilité de devenir n’importe quelle cellule du sang, comme des globules rouges, chargés de transporter l’oxygène ou des globules blancs, les petits soldats qui nous défendent contre les infections», dit-elle.


Photo fournie par Véronique Lecault   
    Véro dans son labo. Le «vrai» pas
     le mini!

Notre corps possède une petite usine à cellules souches pour constamment renouveler ses précieux stocks. Cette usine est située à l’intérieur de nos os, dans un tissu appelé moelle osseuse.

Mais chez certaines personnes, celles atteintes de cancer notamment, l’usine ne fonctionne plus. Pour l’instant, les médecins peuvent seulement leur offrir une transplantation de moelle osseuse, une opération délicate qui ne fonctionne pas toujours.





Des cellules qui n’en font qu’à leur tête

Les médecins voudraient donc pouvoir multiplier les cellules souches en laboratoire pour les offrir à leurs patients. Mais c’est très compliqué. La plupart se transforment tout de suite en globules rouges ou blancs au lieu de se multiplier.

Le travail de Véronique consiste à découvrir pourquoi les cellules souches se comportent de cette façon. On sait déjà que l’environnement dans lequel elles se trouvent jouent un rôle important, comme les facteurs de croissance que les chercheurs doivent mettre dans leurs éprouvettes pour les garder en vie.

Mais expérimenter tous les types d’environnement possible dans un laboratoire ordinaire, c’est long et cela finit par coûter cher en produits de laboratoire. D’où l’intérêt d’utiliser un laboratoire miniature! «La quantité de liquide utilisé est un million de fois plus petite!», s’exclame Véronique.

Sur son mini-labo, elle dispose de milliers de petits compartiments individuels. Dans chacun, elle dépose des cellules souches. Elle les met ensuite en présence de produits différents, à différents dosages ou pendant différents laps de temps. Elle peut ainsi mener des centaines d’expérience à la fois! «Comme la plate-forme est transparente, je peux la mettre sous un microscope et regarder les différences entre les cellules d’heure en heure», précise Véronique.

Une belle récompense
Ses recherches ont retenu l’attention de L’Oréal Canada (oui, oui, le fabricant de maquillage!). Cette compagnie récompense chaque année des jeunes femmes qui s’illustrent dans leur domaine de recherche – même s’il n’a rien à voir avec le rouge à lèvres! La Québécoise Véronique Lecault faisait donc partie des trois jeunes scientifiques qui ont reçu une bourse en 2007.

Cette bourse lui permet de poursuivre ses travaux, mais «l’oblige» aussi à devenir mentor auprès d’autres jeunes filles. Un vrai plaisir pour Véronique qui imagine déjà les petites expériences qu’elle réalisera en leur compagnie. «Je pourrai vulgariser la science, mais aussi répondre aux questions qu’elles se posent face à leur choix de carrière. Je pourrai leur dire que la science, c’est vraiment cool!»

En janvier, Véronique deviendra officiellement mentor pour Actua, l’organisme responsable du programme de mentorat. Son profil sera en ligne à www.girls.actua.ca (en anglais seulement pour le moment, malheureusement…)

Pour voir le mini-labo :

http://www.phas.ubc.ca/~chansen/Commix.mpg
On y voit, sous l'oeil du microscope, des microvalves, des micropompes et un micromélangeur en action


Catherine Dubé

19/12/2007