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Entrevue avec François Michaud
Chercheur en robotique à l’Université de Sherbrooke


François Michaud construit les robots du futur. Dans son laboratoire, il leur donne des bras, des jambes (ou plutôt des roues ou des chenilles), des yeux et des oreilles. Son plus grand défi est de réussir à leur inventer un cerveau.
Photo: Laborius  
François Michaud avec quelques-unes de ses créations.


À quoi ressembleront les robots du futur?

On peut tout imaginer, il n’y a pas de limite avec les robots. C’est sûr que certains robots nous ressembleront. Par exemple, si un robot a une forme humaine, il peut enseigner des exercices de rééducation à des personnes handicapées à la suite d’un accident de voiture.

Mais on peut aussi imaginer un robot-standardiste à 8 oreilles pour répondre simultanément à plusieurs appels téléphonique ou un robot-cuisinier à 5 bras pour faire des crêpes au brunch familial. Les robots n’ont pas besoin de ressembler à l’homme pour être efficaces. Un avion n’a ni plume ni bec et pourtant il vole très bien; c’est la même chose pour les robots. Leur forme dépendra de leur fonction.

Quelles sont les difficultés à surmonter pour créer un robot intelligent?

La première étape est d’intégrer toutes les super-fonctions des robots (ouïe ultra développée, vision nocturne, multiples bras) dans un seul spécimen. Mais pour utiliser ce super-robot à la maison, nous devons aussi modifier son comportement pour qu’il adapte ses capacités surhumaines au milieu familial.

Car un robot ne se rend pas compte de sa force et peut devenir dangereux. Par exemple, s’il veut saisir un objet, il va simplement étendre son bras pour le saisir. Mais si vous êtes sur son chemin, il vous donnera un coup de poing sans s’en rendre compte. C’est pourquoi il faut développer les sens du robot, comme le toucher en mettant au point des capteurs de force pour les bras.

Est-ce que les robots du futur ressentiront des émotions?

Oui et non. Ils n’éprouveront pas de réelle colère ou de joie comme un humain. Par contre nous essayons de comprendre comment les émotions nous aident à prendre nos décisions pour transposer ces mécanismes au robot. Quand on n'arrive pas à faire un exercice de maths, on se met en colère. Cette colère nous pousse à agir: soit à arrêter tout net, soit à appeler quelqu’un pour nous aider.

Ce n’est pas le cas des robots actuels. Un robot aspirateur pris dans le coin d’une pièce va tourner sur place ou frapper les murs à répétition jusqu’à ce que ses piles tombent à plat. Dans le futur, les robots seront capables de prendre des décisions adaptées à une situation difficile ou imprévue.

Azimut est une  plate-forme robotique conçue par François Michaud et son équipe. Il adapte son mode de locomotion  à l'environnement. Il peut se servir de ses roues...




... de ses pattes...
Photos: Laborius




... ou de ses chenilles.



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Page créée le 20 décembre 2007
Recherche: Raphaëlle Derome
Entrevue et rédaction: Fanny Rollin
Formation
François Michaud est chercheur en électronique avec une spécialisation en intelligence artificielle. Il possède une double casquette d’électricien et d’informaticien. Originaire de Sherbrooke, il y a suivi toute sa formation universitaire, du baccalauréat au doctorat.

Après un stage à Boston, il est revenu dans sa ville natale pour fonder son propre laboratoire, appelé Laborius, à l’Université de Sherbrooke. Aujourd’hui, il y travaille avec une équipe de 23 personnes.

Pour construire un robot, trois disciplines entrent en jeu : la mécanique (le corps du robot), l’électronique (ses nerfs) et l’informatique (son cerveau). C’est pourquoi François travaille aussi bien avec des chercheurs que des ingénieurs et des techniciens de ces trois domaines. Ils sont tous aussi importants les uns que les autres.